Et vive l'aspidistra ! George Orwell.
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Paris, Gallimard, 1960. In-8, broché, couverture d'éditeur. Édition originale. Le tirage des grands papiers se limite à 41 exemplaires sur papier vélin pur fil. LE NUMÉRO 34 DES 41 PREMIERS EXEMPLAIRES SUR VÉLIN. A bas le 'dieu-argent' ! Le leitmotiv de Gordon Comstock est teinté d'idéalisme et de poésie. Publicitaire londonien plutôt apprécié pour sa plume dans l'entreprise si bien nommée "New Albion", le protagoniste du roman de George Orwell est pourtant un personnage antipathique, poète aux airs supérieurs et dont le petit talent n'a permis la publication que d'un unique recueil, ironie du sort, intitulé Mice. Persuadé de sa réussite future, Gordon décide de se consacrer pleinement à l'écriture, démissionne, tant pis pour le relatif confort. Mais la réalité est dure, loin d'une possible bohème : pauvreté, s'en suit l'aigreur, et la lâcheté de se parer de ses plus bas atours, débauches à la mauvaise bière avec des filles aux moeurs douteuses. L'idéal se transforme en dévoilement de la médiocrité d'une petite société bourgeoise mesquine et dont la vie à l'air pollué jusqu'aux intérieurs miteux se résume à un ornement dépouillé. de l'unique plante apte à survivre dans ce décor : l'aspidistra ! La plante devient le symbole de la survie de la classe la moins favorisée dans une société inégalitaire. Gordon ne déçoit donc pas le lecteur, et abandonne avec une facilité relative ses idéaux, jette aux égouts son manuscrit London pleasures pour, dans ce qui semble être une fin heureuse et pourtant amère, reprendre sa place d'employé, se marier sans passion, et retrouver son confort. Et vive l'Aspidistra ! Quand George Orwell écrit Keep The Aspidistra Flying pendant les années 1933-34, il est lui-même dans une difficulté financière évidente, en témoigne son fameux Dans la dèche à Paris et à Londres (1933), récit d'une vie de petits boulots, de vagabondages sans le sous. Contrairement à son récit autobiographique, Orwell adopte dans Et vive l'Aspidistra ! un regard plus sévère et critique sur la société, tant des nantis que des désargentés. Il est à noter que dès 1927, Orwell avait produit une première tentative d'écriture, sous forme théâtrale, mais sans succès. A l'en croire, l'argent n'est pas à blâmer, l'homme est coupable, Orwell puisant dans la réalité de ses amis et proches pour construire ses personnages bons ou mauvais : Ravelston, ami aisé et protecteur de Gordon, trouve ses origines dans Sir Richard Rees, mécène et un des éditeurs d'Orwell, à la tête de The Adelphi, journal teinté des idées socialistes nouvelles ; pour construire le personnage de Rosemary, le pendant féminin de Gordon, Orwell pioche dans les portraits de femmes qu'il rencontre dans une librairie de seconde main, en particulier une certaine Sally Jerome, alors employée d'une compagnie publicitaire. Le roman est enfin publié en 1936, mais déjà son auteur travaille à ses oeuvres prochaines, le Quai de Wigan (1937) et son engagement total pour les républicains catalans. Ensuite, ses dernières oeuvres emblématiques occulteront injustement l'incise sans concession de ce roman dont Norman Mailer dira : 'Il est parfait de la première à la dernière page'. Très bel exemplaire conservé tel que paru. Dos imperceptiblement plus pâle. Fiche descriptive détaillée et photos sur simple demande ou sur le site de la librairie.
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